Baisse de trafic SEO : trouver la cause avant de toucher à quoi que ce soit

Baisse de trafic SEO ? Vérifiez la mesure, datez la chute, isolez les pages touchées et corrigez dans le bon ordre. La méthode d’un praticien depuis 2009.

Fabien Raquidel, consultant SEO depuis 2009. Mis à jour en octobre 2026.

Sommaire
  1. Ma baisse de trafic est-elle réelle ?
  2. À quelle date exacte le trafic a-t-il décroché ?
  3. Quelles pages, quelles requêtes, quels appareils sont touchés ?
  4. Que disent ensemble les clics, les impressions et la position ?
  5. Un problème technique peut-il expliquer la chute ?
  6. Est-ce une mise à jour Google, mon contenu ou la concurrence ?
  7. Que faire concrètement et dans quel ordre ?
  8. Combien de temps faut-il pour retrouver son trafic ?
  9. Quand vaut-il mieux se faire aider ?

En bref

  • Ne modifiez rien sur le site avant d’avoir daté la baisse au jour près.
  • La date du décrochage et la zone touchée vous orientent davantage que la cause que vous soupçonnez.
  • Les clics, les impressions et la position moyenne se lisent ensemble, jamais séparément.
  • On corrige par ordre de priorité et une cause à la fois, pour savoir ce qui a fonctionné.

Lundi, 9 h. Dans la Google Search Console, un dirigeant voit la courbe des clics glisser depuis dix jours, fait une capture et l’envoie à son équipe avec une seule question, « qu’est-ce qu’on a cassé ? ».

La suite se répète presque à chaque fois. Dans la même semaine, on réécrit trois articles, on touche aux balises title de la page d’accueil, on désavoue quelques liens et on ajoute un plugin de cache (au cas où). Quinze jours plus tard, plus personne ne peut dire quelle modification a produit quel effet et le diagnostic devient impossible.

Je fais du référencement naturel depuis 2009 et devant une courbe qui plonge, je procède toujours de la même façon. Je commence par vérifier que la baisse existe, je la date puis je cherche la zone touchée et je lis ce que racontent les chiffres avant d’agir, dans un ordre précis.

Ma baisse de trafic est-elle réelle ?

L’hypothèse la plus vexante (et bien plus fréquente qu’on ne l’imagine) est que le trafic n’a pas baissé du tout. Seule la manière de le mesurer a pu changer ou bien la période choisie pour comparer.

Je regarde donc l’outil qui affiche la baisse avant de soupçonner Google. Une courbe qui s’effondre dans Google Analytics pendant que la Search Console reste plate ne dit pas du tout la même chose qu’une chute visible dans les deux outils à la même date.

Recouper les sources de mesure

La Google Search Console compte les clics que Google envoie vers votre site à partir de ses propres données, sans aucun code installé sur vos pages. Google Analytics compte des sessions et pour cela une balise doit se charger dans le navigateur du visiteur après qu’il a accepté les cookies.

Quand Analytics plonge alors que la Search Console ne bouge pas, je fouille la mesure. Il suffit d’une balise GA4 supprimée pendant une mise à jour du thème, d’un bandeau de consentement devenu plus restrictif, d’un filtre ajouté dans la propriété ou d’un flux de données modifié pour qu’une partie des visites disparaisse des rapports sans qu’un seul internaute de moins soit venu.

Si j’ai accès aux logs du serveur, ils me servent de troisième témoin. Chaque requête y est enregistrée, celles de Googlebot comprises, ce qui permet de voir s’il passe toujours aussi souvent sur les pages touchées. Et quand le crawl recule avant les clics, la piste technique se dessine bien avant que les rapports de la Search Console ne la signalent.

Saisonnalité et variations normales

Un site B2B qui perd des visites début août n’a sans doute aucun souci de référencement, puisque ses clients sont en congés. Pareil pour les ponts de mai, les vacances de Noël ou la fin des soldes sur un site marchand.

Plutôt que d’opposer les deux dernières semaines, je compare toujours avec la même période de l’année précédente en alignant les jours de la semaine (un lundi face à un lundi). L’historique de la Search Console offre ce recul et c’est souvent lui qui éteint la moitié des alertes.

Il faut ensuite lire la forme de la courbe. Quelques jours de creux qui se résorbent seuls, c’est du bruit. Une érosion lente sur plusieurs mois fait penser à une perte progressive de pertinence ou à un concurrent qui monte, alors qu’une chute brutale datable au jour près renvoie à un événement précis, côté site ou côté Google. Vous savez déjà laquelle des trois vous avez sous les yeux ? Nommez-la avant d’aller plus loin, car aucune ne mène au même diagnostic.

Constat observéCe que cela suggèreVérification à faire
Analytics en baisse, Search Console stableUn problème de mesureContrôler la balise GA4, le bandeau de consentement et les filtres
Baisse dans les deux outils, déjà visible l’an passé à la même périodeUn effet saisonnierComparer en glissement annuel, jours de la semaine alignés
Recul lent et régulier sur plusieurs moisUne érosion de pertinence ou une concurrence plus forteSuivre la courbe page par page sur douze mois
Décrochage net en un ou deux joursUn événement technique, une mise à jour ou une action manuelleDater le décrochage et le croiser avec le journal des modifications
Baisse limitée aux requêtes contenant votre marqueUne baisse de notoriété ou de demandeRegarder l’évolution de la marque dans Google Trends

À quelle date exacte le trafic a-t-il décroché ?

J’ouvre le rapport Performances de la Search Console et j’affiche les clics et les impressions jour par jour, sur une fenêtre de trois à six mois. Ce que je cherche, c’est le jour précis où la pente de la courbe change (la semaine ou le mois ne suffisent pas). En vue mensuelle, la moyenne écrase tout et peut décaler de plusieurs jours une cassure pourtant flagrante quand on regarde jour par jour.

Je passe ensuite par l’onglet de comparaison pour mettre face à face deux périodes de même durée, avant et après la date repérée. Tout le reste du diagnostic s’appuie sur cette comparaison, puisque c’est elle qui servira à segmenter les pages et les requêtes.

Cette date en main, je la croise avec deux chronologies. D’un côté celle du site, avec les mises en ligne, les changements de thème, les migrations d’un CMS vers un autre, les retouches du fichier robots.txt ou de la configuration serveur. De l’autre celle des mises à jour annoncées par Google sur son tableau de bord d’état de la recherche.

Sauf que la chronologie du site n’est presque jamais écrite nulle part. Un jeudi, le prestataire a « juste changé deux ou trois réglages », le lendemain le développeur a lancé une mise à jour des plugins et trois semaines après, plus personne ne s’en souvient. Vous voyez le genre de scène ?

Et la parade est une habitude à prendre bien avant que la courbe ne plonge. Tenez un journal des changements, un simple tableur partagé suffit, en notant la date, la nature de la modification et qui l’a faite. Le jour où le trafic décroche, ce fichier vous épargne des heures de recherche.

Quelles pages, quelles requêtes, quels appareils sont touchés ?

Derrière une courbe qui baisse partout se cache presque toujours une perte concentrée sur une zone du site. Il suffit souvent de quelques dizaines de pages pour expliquer la plupart des clics envolés, pendant que le reste tient à peu près. Tant que vous fixez la courbe globale, vous ne voyez rien de tout ça.

Je commence par répartir la perte selon le type de page et le répertoire, en opposant par exemple les fiches produits aux catégories ou le blog aux pages de services. Un filtre sur le nom de l’entreprise me sert ensuite à isoler les requêtes de marque du reste. L’appareil (mobile ou ordinateur) passe après, puis le pays quand le site travaille plusieurs marchés.

Sur un gros site, l’interface de la Search Console devient vite pénible. J’exporte alors les données vers un tableur ou je les tire par l’API pour classer les pages selon les clics perdus d’une période à l’autre et les vingt premières lignes de ce classement suffisent souvent à comprendre ce qui s’est passé.

Que lit-on dans ce découpage ? Si un seul gabarit de pages décroche, la cause est technique ou éditoriale et elle tient à ce gabarit. Si le site entier plonge à la même date, sur toutes les requêtes et tous les appareils, je pense d’abord à un blocage général ou à une mise à jour de Google qui a revu le site dans sa globalité.

Zone touchéeHypothèse la plus probable
Un seul répertoire ou un seul type de pageUn gabarit modifié, un noindex ou une canonique ajoutés sur ce modèle
Le mobile uniquementUn affichage mobile cassé, des ressources bloquées ou un chargement plus lent
Les requêtes de marque uniquementUne demande ou une notoriété en recul, rarement un souci de référencement
Les requêtes hors marque d’une thématiqueUne pertinence perdue face aux concurrents ou une réévaluation par Google
Un pays précisDes balises hreflang, une redirection géographique ou une version linguistique défaillantes
Tout le site, à la même dateUn crawl bloqué, une erreur serveur, une action manuelle ou une mise à jour générale

Que disent ensemble les clics, les impressions et la position ?

Le diagnostic se joue dans le rapport Performances de la Search Console. Il affiche quatre métriques (clics, impressions, taux de clic et position moyenne) alors que la plupart des gens n’en regardent qu’une et chaque combinaison de ces signaux renvoie pourtant à une famille de causes différente.

Imaginez une page qui perd la moitié de ses clics. Si sa position moyenne a glissé de la troisième à la neuvième place, elle a reculé dans le classement. Si elle est restée troisième avec des impressions stables, le problème vient de ce que l’internaute voit sur la page de résultats. Ces deux pages, malgré la même perte de clics, n’appellent aucune action commune.

Je lis donc ces métriques par page et par requête sur les deux périodes comparées, puis je range chaque page perdante dans l’un des cas décrits plus bas.

Quand la position recule, les impressions suivent souvent, puisqu’une page reléguée en deuxième page de résultats n’est presque plus affichée. Je tape alors la requête dans une fenêtre de navigation privée et je note les pages qui me devancent désormais. Ce qu’elles proposent de plus que vous oriente la suite.

Quand les impressions baissent alors que la position tient, soit moins de gens cherchent la requête, soit Google affiche moins votre page parce qu’une partie de vos URL a quitté l’index. Je contrôle la demande dans Google Trends et dans l’historique de volumes d’Ahrefs avant d’ouvrir le rapport d’indexation des pages.

Positions stables mais clics en baisse

Ce cas déroute les dirigeants parce que rien n’a changé sur leur site. La page n’a pas bougé et son classement non plus mais elle reçoit pourtant moins de visites. C’est le taux de clic, le rapport entre clics et impressions, qui trahit le phénomène.

La cause se trouve presque toujours sur la page de résultats. Google a pu glisser au-dessus de vous un bloc de questions, un carrousel de vidéos, un pack local avec sa carte ou un aperçu généré par l’IA qui répond sans qu’on ait besoin de cliquer. Et un concurrent peut afficher un résultat plus attirant, avec des étoiles d’avis, un prix ou une date récente, pendant que votre titre vieillit ou que Google le réécrit à sa façon.

Je regarde donc la page de résultats telle qu’elle s’affiche aujourd’hui, sur mobile puis sur ordinateur, en la comparant à ce que j’en connaissais. Je vérifie aussi le titre et la description que Google montre pour votre page (ce ne sont pas toujours ceux que vous avez rédigés).

Avec les aperçus IA, la question change un peu. Elle fait partie de mon travail depuis que je m’occupe aussi de GEO, c’est-à-dire de la visibilité dans les réponses de ChatGPT, de Perplexity, de Gemini et des aperçus IA de Google. Savoir si vous êtes classé ne suffit plus, il faut savoir si la réponse vous cite. Sur crawl-ia.com, l’outil gratuit Check ChatGPT montre quelles sources ChatGPT cite sur une question donnée, ce qui révèle déjà qui capte l’attention à votre place. Je garde cette piste comme une hypothèse à tester, jamais comme l’explication par défaut d’une baisse de clics.

Un titre moins attractif ou un extrait moins clair se corrige simplement et l’effet se mesure vite. Une page de résultats transformée, elle, ne reviendra pas à son état antérieur, alors il faut chercher à occuper les nouveaux emplacements ou admettre que cette requête rapporte désormais moins de visites.

Cannibalisation, quand deux de vos pages se concurrencent

Le cas qu’on repère le moins survient quand deux pages de votre site visent la même requête et que Google hésite entre elles. Filtrez la requête dans la Search Console puis ouvrez l’onglet Pages, vous verrez plusieurs URL alterner avec une position moyenne qui oscille d’une semaine à l’autre.

Cela naît souvent d’un blog qui a grossi sans plan, avec un article de 2019 et un autre de l’an dernier qui traitent le même sujet sous des angles voisins ou une page de catégorie et un guide d’achat qui se disputent la même intention. Aucune des deux n’est assez forte pour tenir la place qu’occuperait une seule page consolidée.

Avant d’agir, je confirme le diagnostic. Deux URL présentes sur une même requête ne se nuisent pas forcément si elles répondent à des intentions différentes et occupent deux positions distinctes en première page. L’alerte vient de l’alternance, quand l’une remplace l’autre au lieu de s’y ajouter.

SignalLecturePremier contrôle
Position en recul, impressions en baisseLa page a perdu son classementIdentifier les pages qui ont pris la place sur la requête
Position stable, impressions stables, clics en baisseLe taux de clic s’effondreObserver la page de résultats actuelle et le titre affiché
Impressions en baisse, position stableLa demande recule ou des URL sortent de l’indexGoogle Trends puis le rapport d’indexation des pages
Plusieurs URL qui alternent sur une même requêteUne cannibalisation entre vos pagesOnglet Pages filtré sur la requête, semaine par semaine
Toutes les métriques en chute le même jourUn blocage technique ou une sanctionInspection d’URL et rapport des actions manuelles

Un problème technique peut-il expliquer la chute ?

Oui. C’est même la piste que je préfère trouver puisqu’elle se corrige. Il suffit d’une balise noindex oubliée après la recette d’un nouveau site, d’une ligne Disallow trop large dans le robots.txt, de quelques jours d’erreurs 500 ou de redirections perdues pendant une migration pour que des pages entières sortent de Google.

Je commence toujours par l’outil d’inspection d’URL de la Search Console, testé sur une dizaine de pages choisies parmi celles qui ont le plus perdu. Vous y lisez si la page est indexée, quelle canonique Google a retenue, si le robot a pu la récupérer et la date de sa dernière exploration. Et quand la canonique choisie par Google n’est pas celle que vous avez déclarée, vous tenez souvent une partie de l’explication.

Vient ensuite le rapport d’indexation des pages. Si les lignes « Exclues par la balise noindex », « Bloquées par le fichier robots.txt » ou « Erreur serveur (5xx) » grimpent d’un coup à la date du décrochage, la question est souvent réglée en quelques minutes.

Je passe alors tout le site dans Screaming Frog. Le crawl remonte les codes de réponse, les chaînes de redirections, les canoniques qui se contredisent, les pages orphelines qu’aucun lien interne ne dessert plus et les temps de réponse anormaux.

Après une migration, je mets la liste des anciennes URL face à leur destination actuelle. Une redirection manquante sur une page qui recevait beaucoup de liens coûte cher et c’est précisément le genre d’oubli qu’un tableur de correspondance bâclé laisse passer (ce tableur est souvent rempli la veille de la mise en ligne).

On néglige pourtant deux contrôles qui prennent trente secondes. Le rapport des actions manuelles vous dit si un examinateur de Google a sanctionné le site et pour quel motif. Celui des problèmes de sécurité signale un piratage, qui prend souvent la forme de pages de spam injectées à votre insu ou de redirections vers des sites douteux servies à une partie des visiteurs seulement.

Une cause technique se trahit le plus souvent par une baisse qui démarre le jour même d’une mise en ligne et frappe un même gabarit de pages, toutes les fiches produits ou tous les articles du blog par exemple.

Ces contrôles couvrent les causes courantes. Rendu JavaScript, budget de crawl d’un gros catalogue, redirections empilées depuis des années, ces cas dépassent la vérification de surface et demandent un consultant SEO technique capable de passer par les logs serveur et un crawl approfondi.

Est-ce une mise à jour Google, mon contenu ou la concurrence ?

Votre site répond bien, les pages sont indexées et la mesure tient la route ? Alors restent les causes qui dérangent le plus, à savoir une réévaluation du site par Google, des pages qui ont vieilli ou des concurrents qui ont fait mieux. Dans la plupart des cas, les trois se combinent.

Lire une mise à jour sans paniquer

Qu’un décrochage tombe à la date d’une mise à jour annoncée par Google, c’est un indice et rien de plus. Une mise à jour majeure se déploie en général sur plusieurs jours (parfois quelques semaines) et votre site a très bien pu bouger pour une tout autre raison dans le même intervalle. Je vérifie donc deux choses, à savoir que la chute démarre pendant le déploiement et qu’elle frappe les pages que ce type de mise à jour vise d’habitude.

Le mot « pénalité » est aussi à bannir ici. Lors d’une mise à jour de l’algorithme, personne chez Google n’a regardé votre site, la Search Console ne contient aucun message pour vous et vous n’avez aucun formulaire de réexamen à envoyer. Google a modifié sa manière d’évaluer les pages et, sur certaines requêtes, il juge maintenant d’autres résultats plus utiles que les vôtres.

En pratique, aucun bouton ne remet les positions d’avant. Supprimer des pages dans l’urgence, désavouer des liens ou retoucher les balises de tout le site le lendemain d’une mise à jour, c’est agir à l’aveugle. Je laisse le déploiement se terminer et les positions se stabiliser quelques jours avant de comparer les pages qui ont gagné et celles qui ont perdu.

Comparer ses pages à celles qui ont pris la place

Chaque fois qu’une page a reculé sur une requête importante, j’affiche côte à côte la vôtre et celle qui occupe désormais sa place. La question de départ porte sur l’intention de recherche, parce que la gagnante y répond peut-être mieux (un comparatif face à votre fiche, un guide face à votre page commerciale).

Je regarde ensuite si elle est plus récente ou plus complète sur les points que l’internaute s’attend à trouver. Elle peut aussi montrer une expérience concrète du sujet, avec des photos d’origine, des exemples précis ou un auteur identifié. Et je termine par la lecture sur téléphone, en vérifiant laquelle des deux pages se lit le mieux.

Pourquoi ne pas faire ce test vous-même ce soir, sur les trois pages qui ont le plus perdu ? Il parle souvent plus qu’un rapport parce qu’il vous met à la place de l’internaute qui hésite entre vous et l’autre.

Reste la popularité. Une page peut reculer sans que son contenu ait bougé si elle perd des liens entrants, quand un partenaire refait son site, qu’un annuaire ferme ou qu’un article disparaît. Je compare les liens d’avant et d’après dans Ahrefs ou, en version gratuite, avec l’outil d’analyse de backlinks de crawl-ia.com, qui s’appuie sur Common Crawl. Je ne conclus que si les liens perdus comptaient, c’est-à-dire s’ils venaient de sites thématiques et visités.

La progression des concurrents, elle, n’apparaît pas dans vos propres données. Avec l’outil de trafic estimé de crawl-ia.com, vous comparez plusieurs sites sur la même période pour savoir si celui qui vous a doublé a récupéré ce que vous avez perdu ou si toute la thématique a baissé. Dans ce second cas, la piste mène plutôt vers les réponses générées par l’IA ou vers une baisse de la demande.

Que faire concrètement et dans quel ordre ?

Avoir trouvé la cause probable ne suffit pas, car l’ordre dans lequel vous corrigez pèse autant que les corrections. Je m’occupe en premier de ce qui empêche Google d’atteindre les pages, ensuite de ce qui abîme leur évaluation et je termine par les chantiers dont l’effet met des semaines à se voir.

Chaque étape a un critère de sortie clair. Tant qu’il n’est pas rempli, je ne passe pas à la suivante.

ÉtapeCe que je faisQuand je la considère comme close
Crawl et indexationRetirer le noindex, élargir le robots.txt, réparer les erreurs serveurL’inspection d’URL montre des pages indexées et le rapport d’indexation repart dans le bon sens
Dégâts de migrationRecréer les redirections manquantes vers les pages équivalentes, corriger les canoniquesUn crawl des anciennes URL ne renvoie plus aucune 404 sur les pages qui comptaient
Pages touchéesRetravailler d’abord celles qui ont perdu le plus de clics, en les comparant aux pages qui les ont remplacéesChaque page prioritaire couvre ce que couvre la concurrence et apporte quelque chose en plus
CannibalisationFusionner les pages redondantes vers la plus forte avec une 301 ou différencier nettement leurs intentionsUne seule URL ressort sur la requête
Maillage et popularitéAjouter des liens internes depuis les pages fortes vers celles à remonter, puis chercher des liens éditoriaux pertinents si l’écart se joue làSe juge sur la durée, à l’évolution des positions
MesureTester une correction sur un groupe de pages, observer plusieurs semaines, l’étendre si elle a produit un effetVous savez quelle action a fonctionné et pourquoi

Les erreurs de réaction qui aggravent la baisse

La plus fréquente consiste à tout réécrire. On reprend cinquante articles d’un coup (y compris ceux qui ne perdaient rien) et on supprime au passage des paragraphes qui leur valaient leurs positions. Si le trafic continue de baisser, plus personne ne peut dire si le problème vient de la cause initiale ou de la réécriture.

Juste derrière, il y a le désaveu de liens à l’aveugle. Google ignore déjà la plupart des liens de mauvaise qualité et l’outil de désaveu sert surtout aux sites qui ont acheté ou fabriqué des liens artificiels en masse. Si vous désavouez au hasard après une chute, vous risquez de neutraliser des liens qui vous aidaient.

Modifier les titres de toutes les pages en une nuit brouille la mesure de la même façon et peut en plus vous faire perdre des mots-clés qui marchaient. Et refaire le site en urgence pour « repartir sur de bonnes bases » revient à empiler une migration sur une crise, la combinaison la plus difficile à démêler que je connaisse.

Quand ce diagnostic fait partie d’un audit, je ne remets pas un PDF de 80 pages que personne n’ouvrira. Je livre un plan d’action hiérarchisé qui sépare l’urgent, ce qui se planifie sur trois mois et le secondaire. Vous voulez mener la démarche complète vous-même ? J’explique pas à pas comment faire un audit SEO avec les outils gratuits de Google.

Combien de temps faut-il pour retrouver son trafic ?

Personne d’honnête ne peut vous promettre un délai, parce que tout dépend de la cause. Une balise noindex retirée ou des redirections rétablies se rattrapent en général plus vite qu’une perte de pertinence. Google n’a qu’à recrawler les pages pour constater leur retour.

La reprise est plus lente et jamais garantie après une mise à jour ou face à des concurrents devenus plus forts. Et le trafic peut aussi ne pas revenir au même niveau, soit parce que la page de résultats a changé de nature, soit parce que la demande elle-même a baissé.

Je suis la reprise avec la même comparaison de périodes dans la Search Console, limitée aux pages corrigées, semaine après semaine. Sans cette régularité, impossible de savoir si vous tenez un rebond durable ou une simple oscillation.

Quand vaut-il mieux se faire aider ?

Une bonne partie de ce diagnostic se fait seul. Je vous conseille de passer la main si la cause reste introuvable après les vérifications décrites plus haut ou si la baisse frappe les pages qui portent votre chiffre d’affaires. Même chose après une migration récente ou si les données vous échappent (une Search Console jamais configurée, un prestataire qui garde les identifiants pour lui).

Tout commence par un appel de découverte, le temps de comprendre le site et ce qui a bougé. Un audit express vérifie ensuite les premières hypothèses, j’identifie les actions prioritaires puis je les chiffre dans un devis remis sous 48 heures, gratuit et sans engagement.

Vous gardez le même interlocuteur du premier échange au dernier rapport, sans sous-traitance cachée. Et je ne vous imposerai pas d’engagement de 6 à 12 mois.

Le contenu précis d’un audit SEO freelance est détaillé sur sa page. Côté budget, comptez à partir de 1 200 € environ pour un audit complet (ce qui fait varier le prix d’un audit SEO est expliqué à part).

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Vos questions

Mon trafic SEO a chuté du jour au lendemain, est-ce une pénalité ?

Rarement. Une chute aussi brutale vient plus souvent d’un blocage technique (une balise noindex, un robots.txt modifié) ou d’une mise à jour de Google, qui n’a rien d’une sanction. La pénalité au sens strict est une action manuelle et vous la verrez dans le rapport dédié de la Search Console, avec un motif précis.

Mes positions sont stables mais mes clics baissent, pourquoi ?

C’est votre taux de clic qui recule. Le plus souvent la page de résultats a changé autour de vous (aperçu IA, bloc de questions, concurrent mieux présenté) plutôt que votre titre affiché n’attire moins. Avant de toucher au contenu, ouvrez la page de résultats actuelle sur mobile puis sur ordinateur.

Faut-il republier ou réécrire mes articles pour récupérer du trafic ?

Seulement ceux qui ont perdu des clics, après les avoir comparés aux pages qui les ont remplacés. Changer la date de publication sans toucher au fond n’apporte rien et réécrire tout le blog d’un coup vous empêche de savoir ce qui a marché.

Dois-je désavouer des backlinks après une baisse ?

Dans la grande majorité des cas, non. Google ignore déjà la plupart des liens de faible qualité et l’outil de désaveu sert surtout aux sites qui ont accumulé des liens artificiels ou reçu une action manuelle liée aux liens. Le lancer à l’aveugle risque de neutraliser des liens qui vous aidaient.

Comment savoir si la baisse vient de la demande et non de mon site ?

Regardez d’abord vos impressions. Si elles baissent alors que votre position moyenne tient, la demande est la première piste, ce que Google Trends permet de vérifier en comparant avec la même période de l’année précédente. Et si vos concurrents reculent aussi dans un outil de trafic estimé, le problème dépasse votre site.

Fabien Raquidel

Fabien RaquidelConsultant SEO freelance dans le Grand Paris, référencement naturel depuis 2009, cofondateur de Vipseo. Mon parcours

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